Pour ce faire, la Fédération handisport, créée en 1954 sous le nom d’Association sportive des mutilés de France et regroupant des sportifs atteints de handicaps physiques et sensoriels – la Fédération de sport adapté réunit ceux qui sont touchés par des maladies mentales – multiplie les campagnes de promotion. Ainsi le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris accueille vendredi et samedi les rencontres EDF/Handisport.
A travers l’organisation d’ateliers qui présentent la grande variété des disciplines handisport (il en existe plus de soixante-dix), la Fédération
communique sur un sujet souvent délaissé par les médias. Ou traité à grand renfort de stéréotypes et de condescendance.”Dans notre culture
judéo-chrétienne, on a coutume de cacher les handicapés ou de les présenter comme des personnes en détresse. On ne demande qu’à être traités comme tout le monde. Et plus il y aura de licencés, plus ce travail sera facile”, s’exclame Gérard Masson.
Parmi les moyens employés pour attirer un nouveau public, la Fédération a, par exemple, envoyé soixante-quinze salariés dans les centres de rééducation à travers le pays. Surtout, elle cherche à conquérir les plus jeunes : “L’éducation nationale a fait beaucoup d’efforts pour intégrer les handicapés dans les écoles, mais ils sont toujours dispensés d’éducation physique. C’est fou ! Le sport est un formidable moyen d’épanouissement et de responsabilisation, et un des rares espaces de rencontre entre valides et non-valides.”
d’associations proposant des activités sportives aux non-valides, mais il n’est pas toujours facile pour eux d’y avoir accès. “On fait ce qu’on peut, mais nous sommes tributaires des retards dans les infrastructures à l’échelle nationale.
Pour un handicapé, les problèmes d’accessibilité se posent sans cesse. Prendre le TGV est un calvaire à cause de problèmes tout à fait triviaux, comme le peu de toilettes adaptées…”
Pourtant, c’est une évidence, le sport peut être d’une grande utilité pour les personnes handicapées. Au-delà de la réappropriation du corps et d’une aide à l’intégration sociale, la pratique d’une activité sportive permet de ne pas céder à la tentation de l’assistanat, assure le président de la Fédération. “La compétition inculque les valeurs de combat et d’obstination. Avec la multiplication des sections omnisports, les athlètes handicapés suivent les mêmes entraînements et subissent les mêmes contraintes que les autres. C’est l’objectif : il faut sortir de l’idée, parfois entretenue par les handicapés eux-mêmes, que nous avons besoin d’aide.”

